Workshop on photography and Bogolan painting. Bamaho, Mali

Le Bogolan est une technique longtemps utilisée dans la société traditionnelle Dogon, Bamanan, Sénoufo et même Peuhls. Il est l’art de colorer des vêtements, qui étaient portés lors des cérémonies rituelles. Chaque couleur avait un sens, et l’on pouvait identifier à partir de ses couleurs le rang social des gens. Mais la signification pouvait varier selon les ethnies. Par exemple chez les Dogons le marron désignait une femme en règle alors que chez les Bamanan la même couleur était portée que seulement par les chasseurs.

Cette technique qui est essentiellement à base des produits naturels (argile, feuilles, écorces d’arbre, fruits, cola etc.…) a vite attiré l’attention des artistes maliens. Confronter par la conjoncture économique et le manque de peinture industrielle, la technique du bogolan est devenue une aubaine pour les artistes maliens. Mais avant elle subie des transformations, après l’éclatement de ses sociétés traditionnelles le bogolan était devenue une technique populaire et a été utilisée pour décorer et colorer les vêtements de tout genre.

Plusieurs groupe d’artistes se sont formés pour révolutionner cette technique du bogolan, parmi les quelques l’ont pourrait citer : le groupe Bogolan, l’atelier Jamana, les Chiffons de Samé et plusieurs associations femmes etc..

De nos jours le bogolan est utilisée comme peinture par plusieurs artistes maliens, cette technique est également utilisée dans l’artisanat. Les couvertures, pagnes, sacs, vêtement décoratifs de tout genre, et habillement sont confectionnés dans cette technique par les artistes et artisans maliens et exporter un peu partout dans le monde.

Dans le souci du développement de cette technique, certains artistes comme les artistes du Centre Soleil d’Afrique ont mené des recherches afin d’apporter un souffle nouveau à ce bogolan. C’est ainsi que nous avons créer le bogolan sur Bois, car les gens croyaient qu’il était pratiquement impossible de transposer cette technique sur un autre support qu’autre que du coton.
Cette nouvelle technique a été introduite dans la décoration des meubles dans les Ministères, Aéroport etc.

L’handicap de cette technique est que les couleurs sont limitées à tel sorte qu’on retrouve presque les mêmes choses chez les artistes. De nos jours cette technique mériterai d’être améliorer en apportant d’élément nouveau. C’est ainsi que le Centre Soleil d’Afrique très axé dans la promotion du bogolan et de la photographie avait entrepris des recherches pour la combinaisons des deux techniques, depuis 2001.

Cette idée a été inspiré par l’atelier sur la photographie numérique que nous avons organisé en 2001, sous la supervision de l’artiste Belge Narcisse Tordoir.
Le Centre Soleil d’Afrique se joint au concept de travail développé par Narcisse pour projeter l’organisation d’un atelier d’échange au tour ce thème « l’introduction de la photographie dans la technique du bogolan.

 

Concept de l’atelier
Présenté par Narcisse Tordoir

En tant qu’artiste, je suis fasciné par le bogolan et plus particulièrement par la diversité des contextes sociaux dans lesquels se manifeste cette forme d’expression.

Le « bogolanfini » artisanal traditionnel est intimement lié à des événements (culturels et religieux) importants de la vie Bamanan. En même temps, on s’aperçoit qu’il y a évolution. Ce type de bogolan en effet s’adapte de plus en plus aux besoins actuels liés à l’urbanisation du Mali. Ce bogolan est plus axé sur le profit économique qu’il peut générer et sur une plus grande rapidité de production, aussi bien pour le marché du tourisme que pour l’usage quotidien de la population malienne elle-même.

L’usage ancestral et la tradition continuent donc et en même temps, on voit apparaître de nouvelles méthodes de production et un changement d’objectif. Cette combinaison offre de constantes potentialités de mutation et d’adaptations des deux côtés. On peut donc affirmer que la « biographie culturelle » du bogolan est dynamique et perpétuellement sujette à des changements.

«Dans l’éventail des choses disponibles dans la société, seules quelques-unes d’entre elles sont considérées comme pouvant être utilisées comme des marchandises de marketing. Le plus souvent, la même chose peut être traitée comme une marchandise à un certain moment et pas à un autre. Et enfin, la même chose peut, dans le même temps, être considérée par une personne comme une marchandise et par une autre comme une toute autre chose.» (Kopytoff)

On aboutit à une grande diversité d’utilisation et de langages visuels que l’on retrouve aussi dans le bogolan. L’artiste de bogolan navigue entre une production pour le marché du tourisme (nappes, rideaux, cartes postales) et sa propre activité artistique souvent réalisée en vue du marché artistique international - le bogolan étant le référent pour sa conscience nationale, culturelle et religieuse – ou encore la production de « vêtements » destinés à la population malienne.

La peinture occidentale contemporaine ne connaît pas cette diversité de contextes sociaux. De manière générale en effet, les artistes occidentaux produisent uniquement pour le marché de l’art.
CARAVANE veut tenter de réaliser un projet de collaboration par la technique du bogolan, avec Alioune BA et Bréhima Koné. Ce projet a pour objectif d’étudier la diversité des contextes sociaux dans la production artistique en Afrique et en Europe.

Dans une première phase, une partie des œuvres seront produites en Europe (Belgique, Pays-Bas) et présentées à Bruxelles lors de l’exposition Africalia, « Transferts ». On utilisera la technique de la sérigraphie sur du coton bogolan et on introduira l’image photographique.
C’est là que le projet CARAVANE sera présenté au monde de l’art et que les toiles seront vendues.

Dans une deuxième phase, les œuvres formeront le point de départ d’un atelier organisé par Centre Soleil d’Afrique en partenariat avec le Réseau Rain, dont-il est membre et animé par A.B., N.T. Lors de cet atelier, de jeunes artistes d’Europe et d’Afrique créeront leurs propres œuvres en prenant la technique du bogolan comme point de départ. Le résultat sera présenté pendant la Biennale de la Photographie à Bamako.

Les toiles de bogolan seront vendues sur le marché.